«  As Long As I Can Hold My Breath  », l'Institut Français de Casablanca, Maroc, avril 2017.  « Je suis toujours prodigieusement ému de l'intelligence et la subtilité avec lesquelles Mohamed Thara éconduit dans ces vidéos toutes les vieilles catégories de l'esthétique bourgeoise. Il réfléchit d’abord sur ce qu’est la nature humaine, observe, puis constate. Son appel envers une plus grande solidarité entre les Hommes, nous rappelle que l’hospitalité n’est pas un devoir, elle est un droit, et que le droit d’asile est le fruit d’une longue et douloureuse histoire. Car, grand est son cœur et immense est sa compassion envers les faibles. Il seras celui sur les épaules duquel nous reposerons toutes et tous nos têtes fatiguées, et pour ce réconfort tant espéré qu'on trouvera là, dans le creux de son cou, nous le laisserons en témoignage de notre fragile gratitude, la chaleur de nos humides et chaudes paupières. »   Yassine Berrada ,   chercheur en Philosophie morale et politique à l'Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis.

« As Long As I Can Hold My Breath », l'Institut Français de Casablanca, Maroc, avril 2017.

« Je suis toujours prodigieusement ému de l'intelligence et la subtilité avec lesquelles Mohamed Thara éconduit dans ces vidéos toutes les vieilles catégories de l'esthétique bourgeoise. Il réfléchit d’abord sur ce qu’est la nature humaine, observe, puis constate. Son appel envers une plus grande solidarité entre les Hommes, nous rappelle que l’hospitalité n’est pas un devoir, elle est un droit, et que le droit d’asile est le fruit d’une longue et douloureuse histoire. Car, grand est son cœur et immense est sa compassion envers les faibles. Il seras celui sur les épaules duquel nous reposerons toutes et tous nos têtes fatiguées, et pour ce réconfort tant espéré qu'on trouvera là, dans le creux de son cou, nous le laisserons en témoignage de notre fragile gratitude, la chaleur de nos humides et chaudes paupières. »

Yassine Berrada, chercheur en Philosophie morale et politique à l'Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis.

 Installation vidéo, Ex-New Contemporary Art Center  Milan - Italy, 3 - 6 mai 2018  « J’ai failli rater la finesse politique de l’installation de Mohamed Thara (Maroc). En voyant ses oiseaux noirs, hivernaux, peupler le ciel sombre, brûlé, et les branches sans feuilles d’un arbre solitaire, au rythme des mots d’un poème (de Georges Trakl, 1912) qui parle du « silence de Dieu », « d’araignées de métal », « d’ombres damnées qui glissent vers les eaux qui soupirent », je me suis dit : ah voilà encore des métaphores convenues, de la poésie petitement électronique, ésotérique à force d’illustrassionisme. Et comme j’allais tourner mes yeux vers d’autres écrans, une grande barque est apparue, chargée de migrants, tellement chargée qu’elle s’est retournée, a coulé, lentement, inexorablement, tandis que ses passagers se débattent dans les eaux froides, où beaucoup se noient. Ce sont les images d’un naufrage survenu le 3 octobre 2013, au large de l’île de Lampedusa, ayant provoqué 400 disparitions. Les oiseaux dès lors prennent tout sens, migrants eux aussi mais dans l’autre sens et ils disent le bonheur de n’être pas menacés dans leurs désirs de voyage. As Long As I Can Hold My Breath, est une oeuvre forte, implacable et juste. Evidente. »  Par  Jean-Paul Fargier  « Papales, Fatales, Normales Vidéos »  la Revue Turbulences Video ≠ 98 , janvier 2018.  http://fr.calameo.com/read/000011277b823485dbf52

Installation vidéo, Ex-New Contemporary Art Center
Milan - Italy, 3 - 6 mai 2018

« J’ai failli rater la finesse politique de l’installation de Mohamed Thara (Maroc). En voyant ses oiseaux
noirs, hivernaux, peupler le ciel sombre, brûlé, et les branches sans feuilles d’un arbre solitaire, au rythme des mots d’un poème (de Georges Trakl, 1912) qui parle du « silence de Dieu », « d’araignées de métal », « d’ombres damnées qui glissent vers les eaux qui soupirent », je me suis dit : ah voilà encore des métaphores convenues,
de la poésie petitement électronique, ésotérique à force d’illustrassionisme. Et comme j’allais tourner mes yeux vers d’autres écrans, une grande barque est apparue, chargée de migrants, tellement chargée qu’elle s’est
retournée, a coulé, lentement, inexorablement, tandis que ses passagers se débattent dans les eaux froides, où beaucoup se noient. Ce sont les images d’un naufrage survenu le 3 octobre 2013, au large de l’île de Lampedusa, ayant provoqué 400 disparitions. Les oiseaux dès lors prennent tout sens, migrants eux aussi mais dans l’autre sens et ils disent le bonheur de n’être pas menacés dans leurs désirs de voyage. As Long As I Can Hold My Breath, est une oeuvre forte, implacable et juste. Evidente. »

Par Jean-Paul Fargier « Papales, Fatales, Normales Vidéos » la Revue Turbulences Video ≠ 98, janvier 2018. http://fr.calameo.com/read/000011277b823485dbf52

 L'exposition «  Exposer / Désirs / Désordres  » à La Friche la Belle de Mai, Marseille, du 11 novembre au 3 décembre, 2017.  Traduite en français par : « Aussi longtemps que je peux retenir mon souffle », cette phrase suggère un « souffle » dans l’espace pris dans une tension entre gravité et légèreté. Léger et aérien par sa nature physiologique, il est également grave par son besoin immédiat et vital. Il devient l’ouverture possible qui régit l’ensemble des organismes. Conditionnant l’ensemble des échanges migratoires, ce phénomène est ainsi omni-présent. Il permet de maintenir l’équilibre d’un éco-système sans cesse en mouvement. Ces déplacements qu’ils soient physiques, matériels, culturels, imaginaires, psychologiques provoquent dans cette mutation des lieux : des crispations. Le souffle, porteur de la vie est menacé dans cette densité qui désormais semble s’éprendre d’un vaste étouffement de toute part. L’environnement devient hostile et ne permet plus d’apporter cet oxygène. Dans son œuvre composée de deux vidéos, Mohamed Thara met en scène dans la première, le naufrage d’un bateau de migrants au sud de l’île italienne de Lampedusa avec une recontextualisation audiovisuelle d’archives du naufrage. Hanté par la tragédie de Lampedusa du 3 octobre 2013, au large de la Libye, aux frontières de l’Europe, ce montage visuel retrace l’horreur cauchemardesque des 400 cadavres qui sont remontés à la surface. La deuxième vidéo montre quant à elle des hirondelles qui quittent l’Europe en automne pour hiverner en Afrique. En mettant ces deux vidéos dans un même espace, l’artiste conjugue les différentes représentations de cette crise migratoire. En jouant avec force sur les différents symboles qui traversent la figure du migrant et de l’hirondelle, Mohamed Thara fait de la métaphore un lien et rappelle que l’espace est avant tout une nature qui ne peut être réduit à une fixité, voire à une rigidité. Elle se vit dans le mouvement et dans une recherche incessante d’un équilibre entre intérieur et extérieur, comme l’air entrant et sortant des poumons, entre le tout et ses parties.  « Au bout de ce souffle », il se pose une même question : celle du vivant et de sa survie. Lutter à contre-courant des phénomènes migratoires, c’est mettre en œuvre le péril du vivant, de ces réfugiés et de ces hirondelles. « Aussi longtemps que je peux retenir mon souffle » est une œuvre qui appelle à préserver l’espace comme terre d’accueil et à entretenir le flux de la solidarité afin de faire de ces liens, des lieux.  Par  Caroline Corbal ,  directrice artistique de la galerie Metavilla.  Transverse (Répertoire d'art contemporain)   http://transverse-art.com/oeuvre/long-i-can-hold-my-breath

L'exposition « Exposer / Désirs / Désordres » à La Friche la Belle de Mai, Marseille, du 11 novembre au 3 décembre, 2017.

Traduite en français par : « Aussi longtemps que je peux retenir mon souffle », cette phrase suggère un « souffle » dans l’espace pris dans une tension entre gravité et légèreté. Léger et aérien par sa nature physiologique, il est également grave par son besoin immédiat et vital. Il devient l’ouverture possible qui régit l’ensemble des organismes. Conditionnant l’ensemble des échanges migratoires, ce phénomène est ainsi omni-présent. Il permet de maintenir l’équilibre d’un éco-système sans cesse en mouvement. Ces déplacements qu’ils soient physiques, matériels, culturels, imaginaires, psychologiques provoquent dans cette mutation des lieux : des crispations. Le souffle, porteur de la vie est menacé dans cette densité qui désormais semble s’éprendre d’un vaste étouffement de toute part. L’environnement devient hostile et ne permet plus d’apporter cet oxygène. Dans son œuvre composée de deux vidéos, Mohamed Thara met en scène dans la première, le naufrage d’un bateau de migrants au sud de l’île italienne de Lampedusa avec une recontextualisation audiovisuelle d’archives du naufrage. Hanté par la tragédie de Lampedusa du 3 octobre 2013, au large de la Libye, aux frontières de l’Europe, ce montage visuel retrace l’horreur cauchemardesque des 400 cadavres qui sont remontés à la surface. La deuxième vidéo montre quant à elle des hirondelles qui quittent l’Europe en automne pour hiverner en Afrique. En mettant ces deux vidéos dans un même espace, l’artiste conjugue les différentes représentations de cette crise migratoire. En jouant avec force sur les différents symboles qui traversent la figure du migrant et de l’hirondelle, Mohamed Thara fait de la métaphore un lien et rappelle que l’espace est avant tout une nature qui ne peut être réduit à une fixité, voire à une rigidité. Elle se vit dans le mouvement et dans une recherche incessante d’un équilibre entre intérieur et extérieur, comme l’air entrant et sortant des poumons, entre le tout et ses parties.

« Au bout de ce souffle », il se pose une même question : celle du vivant et de sa survie. Lutter à contre-courant des phénomènes migratoires, c’est mettre en œuvre le péril du vivant, de ces réfugiés et de ces hirondelles. « Aussi longtemps que je peux retenir mon souffle » est une œuvre qui appelle à préserver l’espace comme terre d’accueil et à entretenir le flux de la solidarité afin de faire de ces liens, des lieux.

Par Caroline Corbal , directrice artistique de la galerie Metavilla. Transverse (Répertoire d'art contemporain) http://transverse-art.com/oeuvre/long-i-can-hold-my-breath

 Installation vidéo «  Future Imperfect  » à l’Université de Plymouth, avril 2017, Plymouth, Royaume-Uni.  « Chacun à ses habitudes, je fais partie de ceux-là qui composent à deux reprises leurs pièces. La première fois, je me laisse entraîner par mon inspiration inconsciente, la seconde je donne la priorité à ma perception des impératifs de la construction. Et il n’est pas rare que la deuxième mouture ne reflète en rien la première. L’une des épreuves auxquelles je soumets mes pièces consiste à réaliser puis à les oublier pour une longue période. Et lorsque je reviens leur rendre visite, mon critère de jugement artistique et celui de leur ressemblance avec moi. Si je reconnais la vidéo ou la peinture, si je me rends compte qu’il m’imite ou je m’imite, je l’abandonne. Mais si j’ai le sentiment que la pièce est le travail d’un autre, qui dépasse l’être que j’étais, je décrète alors qu’il s’agit d’une nouvelle pièce ».   « Ne faire que ce que je considère comme essentiel ; faire en sorte du début à la fin que je puisse me sentir heureux et satisfait dans mon travail ; de façon qu’à la suite de tous les efforts et les doutes inévitables je puisse dire : « oui, c’est bien ce que je veux exprimer – c’est exactement ainsi que je veux l’exprimer – il n’y a pas d’autre façon de l’exprimer. Si je l’avais dit autrement, je n’aurais plus été moi-même ».  Extrait de l'entretien avec  Siham Jadraoui ,  Journal Aujourd'hui Le Maroc , 07/08/2016.  http://aujourdhui.ma/culture/ce-qui-minspire-cest-letre-humain-dans-toute-sa-complexite

Installation vidéo « Future Imperfect » à l’Université de Plymouth, avril 2017, Plymouth, Royaume-Uni.

« Chacun à ses habitudes, je fais partie de ceux-là qui composent à deux reprises leurs pièces. La première fois, je me laisse entraîner par mon inspiration inconsciente, la seconde je donne la priorité à ma perception des impératifs de la construction. Et il n’est pas rare que la deuxième mouture ne reflète en rien la première. L’une des épreuves auxquelles je soumets mes pièces consiste à réaliser puis à les oublier pour une longue période. Et lorsque je reviens leur rendre visite, mon critère de jugement artistique et celui de leur ressemblance avec moi. Si je reconnais la vidéo ou la peinture, si je me rends compte qu’il m’imite ou je m’imite, je l’abandonne. Mais si j’ai le sentiment que la pièce est le travail d’un autre, qui dépasse l’être que j’étais, je décrète alors qu’il s’agit d’une nouvelle pièce ». 

« Ne faire que ce que je considère comme essentiel ; faire en sorte du début à la fin que je puisse me sentir heureux et satisfait dans mon travail ; de façon qu’à la suite de tous les efforts et les doutes inévitables je puisse dire : « oui, c’est bien ce que je veux exprimer – c’est exactement ainsi que je veux l’exprimer – il n’y a pas d’autre façon de l’exprimer. Si je l’avais dit autrement, je n’aurais plus été moi-même ».

Extrait de l'entretien avec Siham JadraouiJournal Aujourd'hui Le Maroc, 07/08/2016. http://aujourdhui.ma/culture/ce-qui-minspire-cest-letre-humain-dans-toute-sa-complexite

 Installation vidéo à l'exposition " Art in The Time of Crisis  » janvier 2017 Au Palais Dar Pacha Tazi, Fez, Maroc.   « Je ne fais pas de l'art politique, je fais l'art politiquement » « I don't make political art, I make art politically »   Les travaux de Mohamed Thara (Les Nord-Africains (2016)/ As Long As I Can Hold My Breath (2017) / Milk vs Whisky (2017) etc.) ne s’empêchent pas d’aborder des thèmes forts, en parlant ici de «l’Identité» ou encore de «l’Histoire». Peut-on qualifier votre Œuvre d’audacieuse et s’inscrivant ainsi dans l’«Art engagé»?   «On m’a souvent posé cette question (rires). Pour ma part, je ne sais pas si l’on pourrait qualifier mon travail d’audacieux, mais pour moi l’« Art engagé » ne veut rien dire. Ma réponse doit être en deux temps : toute forme de création est un engagement, chaque représentation esthétique est un engagement sensible. Chaque processus créatif est une conception de l’esprit où l’artiste s’engage à exprimer son émoi ou une opinion. Je dis souvent : je ne fais pas de l’art politique, je fais de l’art politiquement. Les artistes continuent à défier les systèmes et à dépasser les limites des cadres imposés. Bien souvent, l’artiste a été considéré et s’est même positionné en poète maudit, exclu et incompris de la société. Le regard de l’artiste peut être critique, mais il n’est pas accusateur. Il m’a semblé intéressant que l’art soit élaboré comme une force critique, comme un révélateur. Une mise en forme réalisée pour donner la parole aux opprimés, en critiquant un autre usage de l’irrationalité qui règne encore dans notre monde. Par ailleurs, la représentation esthétique comme engagement social me permet de développer une force critique qui montre la mort qui règne sur un monde capitaliste devenue déraisonnable. Dans mes travaux, j’observe le chaos du monde, j’essaye de montrer aussi l’étendue de la crise historique du capital dans notre civilisation contemporaine. Je soulève de nombreuses questions sur les réfugiés, sur l’histoire, l’immigration, la Mémoire, le mal, l’identité, la douleur, le chaos… L’art vous dit parfois des choses que vous ne désirez pas voir…, ni entendre.»  Extrait de l'entretien avec  Ahmed Mesk ,  journal Al Bayan , Casablanca, Maroc, 06/09/2017.  http://albayane.press.ma/ne-fais-de-lart-politique-fais-de-lart-politiquement.html

Installation vidéo à l'exposition "Art in The Time of Crisis » janvier 2017 Au Palais Dar Pacha Tazi, Fez, Maroc.

 « Je ne fais pas de l'art politique, je fais l'art politiquement »
« I don't make political art, I make art politically »

Les travaux de Mohamed Thara (Les Nord-Africains (2016)/ As Long As I Can Hold My Breath (2017) / Milk vs Whisky (2017) etc.) ne s’empêchent pas d’aborder des thèmes forts, en parlant ici de «l’Identité» ou encore de «l’Histoire». Peut-on qualifier votre Œuvre d’audacieuse et s’inscrivant ainsi dans l’«Art engagé»?

«On m’a souvent posé cette question (rires). Pour ma part, je ne sais pas si l’on pourrait qualifier mon travail d’audacieux, mais pour moi l’« Art engagé » ne veut rien dire. Ma réponse doit être en deux temps : toute forme de création est un engagement, chaque représentation esthétique est un engagement sensible. Chaque processus créatif est une conception de l’esprit où l’artiste s’engage à exprimer son émoi ou une opinion. Je dis souvent : je ne fais pas de l’art politique, je fais de l’art politiquement. Les artistes continuent à défier les systèmes et à dépasser les limites des cadres imposés. Bien souvent, l’artiste a été considéré et s’est même positionné en poète maudit, exclu et incompris de la société. Le regard de l’artiste peut être critique, mais il n’est pas accusateur. Il m’a semblé intéressant que l’art soit élaboré comme une force critique, comme un révélateur. Une mise en forme réalisée pour donner la parole aux opprimés, en critiquant un autre usage de l’irrationalité qui règne encore dans notre monde. Par ailleurs, la représentation esthétique comme engagement social me permet de développer une force critique qui montre la mort qui règne sur un monde capitaliste devenue déraisonnable. Dans mes travaux, j’observe le chaos du monde, j’essaye de montrer aussi l’étendue de la crise historique du capital dans notre civilisation contemporaine. Je soulève de nombreuses questions sur les réfugiés, sur l’histoire, l’immigration, la Mémoire, le mal, l’identité, la douleur, le chaos… L’art vous dit parfois des choses que vous ne désirez pas voir…, ni entendre.»

Extrait de l'entretien avec Ahmed Meskjournal Al Bayan, Casablanca, Maroc, 06/09/2017. http://albayane.press.ma/ne-fais-de-lart-politique-fais-de-lart-politiquement.html

 Video installation,   What are you going to do with your life?   Galerie du Triangle, Ecole Nationale des Beaux-Arts de Bordeaux, France.    O livier Rachet : Vous présenterez, en effet, vous-même, le vendredi 28 avril, à partir de 19h à l’IFC, une programmation internationale de vidéos réalisées par des artistes de différentes nationalités. Des problématiques politiques semblent habiter la plupart des œuvres que vous avez choisies : dans  Le Mur , Virginie Terrasse abordera la question territoriale au cœur du conflit israélo-palestinien,  An Another Day, After Eternity  de Martin Beauregard interrogera, à travers des archives audiovisuelles, la mémoire traumatique consécutive aux attentats terroristes perpétrés en 2016. Votre propre travail, dans une vidéo intitulée  Aussi longtemps que je peux retenir mon souffle , reviendra sur la tragédie de Lampedusa au cours de laquelle des centaines de réfugiés avaient trouvé la mort lors d’un naufrage. Diriez-vous que l’art vidéo a pour principale vocation d’interroger les archives audiovisuelles et numériques ?   Mohamed Thara : Oui, effectivement, des problématiques politiques et sociales habitent la plupart des œuvres que j’ai choisies, avec des préoccupations très proches. C’est pour moi une façon immédiate de saisir le réel. Par exemple, la vidéo  Des Intégrations  de Halida Boughriet est hantée par les figures de l’exil et de l’immigration, elle développe un type de narration qui prolonge et renouvelle la pratique du documentaire. Elle évoque la mémoire collective officielle et la mémoire politique qui se figent, à la limite de l’amnésie voire de la négation. Halida affirme d’emblée que regarder est une lutte. Il y a aussi Dalila Dalléas, Fenia Kotsopoulou, Madiha Sebbani, Sarah Trouche, Caroline Corbal et Soukaina Joual, qui sont des performeuses plasticiennes qui s’interrogent sur la condition féminine et dépeignent sous tous les angles les dissonances d’un monde en pleine mutation, tiraillé entre tradition et modernité. L’œuvre de Martin Beauregard  An Another Day, After Eternity ,s’articule autour de la mémoire traumatique, elle participe au processus de réinterprétation et de recontextualisation d’archives audiovisuelles d’attentats terroristes, ceux survenus notamment en 2016 à Paris, Bruxelles et Istanbul. La vidéo intègre dans sa réalisation des procédés d’animation, de simulation 3D et de design génératif. Quant à Yassine Balbzioui, dans  The fish inside me , il s’attaque à l’immigration clandestine. La vidéo montre un homme qui porte un masque de poisson qui rame tant bien que mal dans sa baignoire d’enfant pour atteindre un rivage impossible. La vidéo dialogue à distance avec ma vidéo sur la tragédie de Lampedusa au cours de laquelle des centaines de réfugiés avaient trouvé la mort.  Dans  Le Mur , Virginie Terrasse explore la problématique territoriale au cœur du conflit israélo-palestinien au-delà des clivages religieux et politiques. Par contre, le film  L  de Jacques Perconte est né de  Holy Motors  de Léos Carax. Dans un long travelling filmé en plan-séquence et par une série de compressions successives, il nous fait perdre de vue la réalité pour entrer en contact avec sa puissance plastique et chromatique, dans une langue qui n’appartient qu’à lui. Pour revenir à la question initiale, l’art vidéo dans son dispositif filmique n’a pas pour principale vocation d’interroger les archives audiovisuelles et numériques comme dans le cinéma de Haroun Farouki, Claude Lanzmann ou Frédéric Wiseman. Mais c’est une possibilité parmi tant d’autres.  Un extrait de l'entretien avec   O livier Rachet, Le site info,  Casablanca, Maroc,   25.04.2017    http://www.lesiteinfo.com/cultures/mohamed-thara-lart-video-art-mineur-maroc/

Video installation, What are you going to do with your life? Galerie du Triangle, Ecole Nationale des Beaux-Arts de Bordeaux, France.

Olivier Rachet : Vous présenterez, en effet, vous-même, le vendredi 28 avril, à partir de 19h à l’IFC, une programmation internationale de vidéos réalisées par des artistes de différentes nationalités. Des problématiques politiques semblent habiter la plupart des œuvres que vous avez choisies : dans Le Mur, Virginie Terrasse abordera la question territoriale au cœur du conflit israélo-palestinien, An Another Day, After Eternity de Martin Beauregard interrogera, à travers des archives audiovisuelles, la mémoire traumatique consécutive aux attentats terroristes perpétrés en 2016. Votre propre travail, dans une vidéo intitulée Aussi longtemps que je peux retenir mon souffle, reviendra sur la tragédie de Lampedusa au cours de laquelle des centaines de réfugiés avaient trouvé la mort lors d’un naufrage. Diriez-vous que l’art vidéo a pour principale vocation d’interroger les archives audiovisuelles et numériques ?

Mohamed Thara : Oui, effectivement, des problématiques politiques et sociales habitent la plupart des œuvres que j’ai choisies, avec des préoccupations très proches. C’est pour moi une façon immédiate de saisir le réel. Par exemple, la vidéo Des Intégrations de Halida Boughriet est hantée par les figures de l’exil et de l’immigration, elle développe un type de narration qui prolonge et renouvelle la pratique du documentaire. Elle évoque la mémoire collective officielle et la mémoire politique qui se figent, à la limite de l’amnésie voire de la négation. Halida affirme d’emblée que regarder est une lutte. Il y a aussi Dalila Dalléas, Fenia Kotsopoulou, Madiha Sebbani, Sarah Trouche, Caroline Corbal et Soukaina Joual, qui sont des performeuses plasticiennes qui s’interrogent sur la condition féminine et dépeignent sous tous les angles les dissonances d’un monde en pleine mutation, tiraillé entre tradition et modernité. L’œuvre de Martin Beauregard An Another Day, After Eternity,s’articule autour de la mémoire traumatique, elle participe au processus de réinterprétation et de recontextualisation d’archives audiovisuelles d’attentats terroristes, ceux survenus notamment en 2016 à Paris, Bruxelles et Istanbul. La vidéo intègre dans sa réalisation des procédés d’animation, de simulation 3D et de design génératif. Quant à Yassine Balbzioui, dans The fish inside me, il s’attaque à l’immigration clandestine. La vidéo montre un homme qui porte un masque de poisson qui rame tant bien que mal dans sa baignoire d’enfant pour atteindre un rivage impossible. La vidéo dialogue à distance avec ma vidéo sur la tragédie de Lampedusa au cours de laquelle des centaines de réfugiés avaient trouvé la mort.

Dans Le Mur, Virginie Terrasse explore la problématique territoriale au cœur du conflit israélo-palestinien au-delà des clivages religieux et politiques. Par contre, le film L de Jacques Perconte est né de Holy Motors de Léos Carax. Dans un long travelling filmé en plan-séquence et par une série de compressions successives, il nous fait perdre de vue la réalité pour entrer en contact avec sa puissance plastique et chromatique, dans une langue qui n’appartient qu’à lui. Pour revenir à la question initiale, l’art vidéo dans son dispositif filmique n’a pas pour principale vocation d’interroger les archives audiovisuelles et numériques comme dans le cinéma de Haroun Farouki, Claude Lanzmann ou Frédéric Wiseman. Mais c’est une possibilité parmi tant d’autres.

Un extrait de l'entretien avec Olivier Rachet, Le site info, Casablanca, Maroc, 25.04.2017 http://www.lesiteinfo.com/cultures/mohamed-thara-lart-video-art-mineur-maroc/

  Flagra  Série photographique, 2016-2017.    Photographie : Dans le ventre de la Médina   La résidence d’artiste organisée par Takafes, le Centre d’art et de l’innovation culturelle de Fès, a pris fin. Les quatre auteurs photographes: Amine Bouyarmane, Omar Chennafi, Hamza Ben Rachad et Mohamed Thara avaient pour projet initial de poser leurs regards au gré de leurs cheminements dans les ruelles de la vieille Médina de Fès. Ils questionnent la constitution  de la ville dans le temps et l’espace, et portent un regard singulier et indépendant sur les espaces urbains révélant leur spécificité, leur morphologie et leur histoire. Ils revisitent les rapports complexes qu’entretient le médium photographique à l’espace, dans un processus de travail empirique qui s'est construit au fil d'un parcours répété quotidiennement dans la partie la plus profonde de la Mmédina. Les repères transcrits pendant les marches deviennent des traces photographiques. Le déplacement restitue une identité hybride des ruelles et des territoires parcourus et interroge notre rapport à l’espace urbain.    Dans leurs photographies, il s’agit d’abord d’une tentative de captation de la lumière, du temps et du vide qui est l’un des éléments fondamentaux de la pratique de la photographie. Les photographes interrogent la notion du vide et son rapport à l’espace : espace réel/virtuel, espace physique/mental, espace privé/social, espace naturel/culturel, espace perceptif/représentatif, etc. Le vide dans la culture populaire marocaine se manifeste sous la forme d’un espace non occupé par des objets, qui entre en interaction avec d’autres éléments esthétiques et les différentes zones de représentation. Un rapport étroit s'est installé entre la création photographique et le territoire urbain qu'ils parcourent. Le caractère immatériel dans les photographies réalisées lors de cette résidence se manifestant sous forme d’espace vacant mis en valeur. Le vide est également considéré comme une condition pour mieux remplir. Un passage du réel à sa photographie où la notion de l’espace est en modification continuelle dans sa structure corporelle et mentale. Une vaste surface vide permet de développer un rapport spirituel et contemplatif au monde. L’exemple des mosquées et des mausolées de saints de la Médina qui relient l’organisation de l’espace culturel de l’Homme au vide photographié par Amine Bouyarmane et Omar Chennafi. L’espace public est soumis aux représentations qui orientent les formes d’appropriation et la perception générale qu’on s’en fait. Les images photographiques recèlent des possibilités argumentatives très importantes dans un monde où les images sont faites pour circuler.  Ainsi, la silhouette de la femme en noir qui porte le niqab, chez Mohamed Thara, se repère en fonction de l’espace qui l’entoure lors de son déplacement au sein de l’espace de la Médina. Entre ombre et lumière, la manière dont la silhouette de l’homme au chapeau de paille blanc est disposée chez Omar Chennafi conditionne le trajet et le rythme de ses mouvements. L’exemple de l’homme en djellaba chez Amine Bouyarmane qui contemple l’espace d’une ruelle vide, ou la jeune fille prise de dos qui court fuyant l’obscurité à la recherche de la lumière chez Hamza Ben Rachad. Dans ces photographies, l’espace est souvent vide ou occupé par des personnes, ou des silhouettes, celles-ci pouvant être situées dans son volume ou à sa surface, voire dans ses différentes dimensions. Les silhouettes peuvent être repérées les unes par rapport aux autres par la mesure de la distance ou de la direction. L’existence et le caractère de l’espace sont conditionnés par le vide, rendu visible par la disposition de cet espace inoccupé dans la photographie. Une lecture de l’espace labyrinthique et conflictuel et ses transformations au fil des saisons entre une Médina qui se développe lentement et l'intervention de l'homme pour tenter de la maîtriser.  Dans toutes les photographies réalisées pendant cette résidence Takafes, les formes se rencontrent dans l’espace, entrent en collision et se fondent plastiquement les unes aux autres. Derrière chaque photographie, il y a toujours une histoire, toute trace étant elle-même un fait de mémoire, aucune image photographique n’est accessible autrement qu’à travers le filtre d’une fiction d’appropriation des choses passées au temps présent. Les photographies s’adaptent aux contraintes de l’espace sur lequel les photographes travaillent, en mettant en évidence les ambiguïtés de la notion d’espace public.  Une série photographique qui dépasse les frontières sociales et historiques pour constituer un témoignage ethnographique et iconographique unique sur la Médina de Fès.   Par  Mohammed Hamdouni,  Le Journal Liberation,  Casablanca, Maroc, 07.10.2016  https://www.libe.ma/Photographie-Dans-le-ventre-de-la-Medina_a78436.html  

Flagra Série photographique, 2016-2017. 

Photographie : Dans le ventre de la Médina

La résidence d’artiste organisée par Takafes, le Centre d’art et de l’innovation culturelle de Fès, a pris fin. Les quatre auteurs photographes: Amine Bouyarmane, Omar Chennafi, Hamza Ben Rachad et Mohamed Thara avaient pour projet initial de poser leurs regards au gré de leurs cheminements dans les ruelles de la vieille Médina de Fès. Ils questionnent la constitution  de la ville dans le temps et l’espace, et portent un regard singulier et indépendant sur les espaces urbains révélant leur spécificité, leur morphologie et leur histoire. Ils revisitent les rapports complexes qu’entretient le médium photographique à l’espace, dans un processus de travail empirique qui s'est construit au fil d'un parcours répété quotidiennement dans la partie la plus profonde de la Mmédina. Les repères transcrits pendant les marches deviennent des traces photographiques. Le déplacement restitue une identité hybride des ruelles et des territoires parcourus et interroge notre rapport à l’espace urbain.   
Dans leurs photographies, il s’agit d’abord d’une tentative de captation de la lumière, du temps et du vide qui est l’un des éléments fondamentaux de la pratique de la photographie. Les photographes interrogent la notion du vide et son rapport à l’espace : espace réel/virtuel, espace physique/mental, espace privé/social, espace naturel/culturel, espace perceptif/représentatif, etc. Le vide dans la culture populaire marocaine se manifeste sous la forme d’un espace non occupé par des objets, qui entre en interaction avec d’autres éléments esthétiques et les différentes zones de représentation. Un rapport étroit s'est installé entre la création photographique et le territoire urbain qu'ils parcourent. Le caractère immatériel dans les photographies réalisées lors de cette résidence se manifestant sous forme d’espace vacant mis en valeur. Le vide est également considéré comme une condition pour mieux remplir. Un passage du réel à sa photographie où la notion de l’espace est en modification continuelle dans sa structure corporelle et mentale. Une vaste surface vide permet de développer un rapport spirituel et contemplatif au monde. L’exemple des mosquées et des mausolées de saints de la Médina qui relient l’organisation de l’espace culturel de l’Homme au vide photographié par Amine Bouyarmane et Omar Chennafi. L’espace public est soumis aux représentations qui orientent les formes d’appropriation et la perception générale qu’on s’en fait. Les images photographiques recèlent des possibilités argumentatives très importantes dans un monde où les images sont faites pour circuler. 
Ainsi, la silhouette de la femme en noir qui porte le niqab, chez Mohamed Thara, se repère en fonction de l’espace qui l’entoure lors de son déplacement au sein de l’espace de la Médina. Entre ombre et lumière, la manière dont la silhouette de l’homme au chapeau de paille blanc est disposée chez Omar Chennafi conditionne le trajet et le rythme de ses mouvements. L’exemple de l’homme en djellaba chez Amine Bouyarmane qui contemple l’espace d’une ruelle vide, ou la jeune fille prise de dos qui court fuyant l’obscurité à la recherche de la lumière chez Hamza Ben Rachad. Dans ces photographies, l’espace est souvent vide ou occupé par des personnes, ou des silhouettes, celles-ci pouvant être situées dans son volume ou à sa surface, voire dans ses différentes dimensions. Les silhouettes peuvent être repérées les unes par rapport aux autres par la mesure de la distance ou de la direction. L’existence et le caractère de l’espace sont conditionnés par le vide, rendu visible par la disposition de cet espace inoccupé dans la photographie. Une lecture de l’espace labyrinthique et conflictuel et ses transformations au fil des saisons entre une Médina qui se développe lentement et l'intervention de l'homme pour tenter de la maîtriser. 
Dans toutes les photographies réalisées pendant cette résidence Takafes, les formes se rencontrent dans l’espace, entrent en collision et se fondent plastiquement les unes aux autres. Derrière chaque photographie, il y a toujours une histoire, toute trace étant elle-même un fait de mémoire, aucune image photographique n’est accessible autrement qu’à travers le filtre d’une fiction d’appropriation des choses passées au temps présent. Les photographies s’adaptent aux contraintes de l’espace sur lequel les photographes travaillent, en mettant en évidence les ambiguïtés de la notion d’espace public. 
Une série photographique qui dépasse les frontières sociales et historiques pour constituer un témoignage ethnographique et iconographique unique sur la Médina de Fès. 

Par Mohammed Hamdouni,  Le Journal Liberation, Casablanca, Maroc, 07.10.2016 https://www.libe.ma/Photographie-Dans-le-ventre-de-la-Medina_a78436.html  

  Revue Point Contemporain  article de Lisa Valentine Toubas et Valérie Toubas / 19 avril 2018 : «  Territoires silencieux  » la sélection internationale de la 24 édition du Festival International d'Art Vidéo de Casablanca.   http://pointcontemporain.com/territoires-silencieux-selection-internationale-fiav-2018-casablanca-maroc

Revue Point Contemporain article de Lisa Valentine Toubas et Valérie Toubas / 19 avril 2018 : « Territoires silencieux » la sélection internationale de la 24 édition du Festival International d'Art Vidéo de Casablanca.  http://pointcontemporain.com/territoires-silencieux-selection-internationale-fiav-2018-casablanca-maroc

  Silent Territory  - International Selection Casablanca Video Art Festival, 2018, curated by Mohamed Thara.    Video art can be apprehended as a territory in constant redefinition. The international selection of the FIAV 2018 "Silent Territories" questions the boundary (the path that borders between two borders), the zone, the interval, the boundary, the route, the dam, the end, the point of separation and the lines demarcation between multicultural societies. The videos of the selection pose several questions: but what is a territory? Is it unlimited like the horizon? It appears however as a terminal not to cross here and now. Every territory is a frontier, it builds and deconstructs, between line of flight, crack, fracture, edge, it creates margin, fence, zone, ghetto. How to go from here to there? Between there and here? Between the outside and the inside? The danger is indeed in the heart of the crossing. It's about seeing, hearing, thinking, writing and reading "between" the edges or banks of this "nowhere" hardly habitable. How are the links between video art and territories woven and unfolded? This set of questions will be answered by the thirteen invited videographers for the international selection "Silent Territories", through a set of thirteen video works. As a place of conquest, this selection also questions the question of the transmission and passage from one place to another where video comes to the aid of the abandoned territories. A reflection on the status of video art as a recording of contradictory territories.  It is a selection of unifying works with a video art education system, which aims to raise awareness and initiate to reading and artistic practice, by crossing the different ways of "making video To look at it and to state it. This is to promote the development of an artistic and cultural policy within the city of Casablanca, to create a common space for exchange around video art. The practice of videographers invited for this selection through their projects, testifies that the territory can be a neutral place, a "non-place", an in-between, with a specificity of being neither one nor the other neither this edge nor this edge. He walks between two edges, between two houses, between two domains that can never join. A person's space - no man's land - the "same" neutral of the boundary, that of any boundary, any surface, the active tracing of difference and opposition.  It will be in this international selection to create "thresholds", to develop interstices to explore conjunctions and disjunctions related to these issues of borders and territories, echoing the remarks of Paul Ardenne, Pascal Beausse and Laurent Goumarre in their common work Art as experience: "Artists are today smugglers. By recycling images, real or fictional, what they propose, they are no longer works, nor even objects of art, but processes, propositions of situation to experiment in common. "   Contemporary And  Magazine  C& /  26 avril 2018 :  Silent Territory : 24th Edition Casablanca International Video Art Festival Morocco :  https://www.contemporaryand.com/fr/exhibition/silent-territory-24th-edition-casablanca-international-video-art-festival-morocco/

Silent Territory - International Selection Casablanca Video Art Festival, 2018, curated by Mohamed Thara.  

Video art can be apprehended as a territory in constant redefinition. The international selection of the FIAV 2018 "Silent Territories" questions the boundary (the path that borders between two borders), the zone, the interval, the boundary, the route, the dam, the end, the point of separation and the lines demarcation between multicultural societies. The videos of the selection pose several questions: but what is a territory? Is it unlimited like the horizon? It appears however as a terminal not to cross here and now. Every territory is a frontier, it builds and deconstructs, between line of flight, crack, fracture, edge, it creates margin, fence, zone, ghetto. How to go from here to there? Between there and here? Between the outside and the inside? The danger is indeed in the heart of the crossing. It's about seeing, hearing, thinking, writing and reading "between" the edges or banks of this "nowhere" hardly habitable. How are the links between video art and territories woven and unfolded? This set of questions will be answered by the thirteen invited videographers for the international selection "Silent Territories", through a set of thirteen video works. As a place of conquest, this selection also questions the question of the transmission and passage from one place to another where video comes to the aid of the abandoned territories. A reflection on the status of video art as a recording of contradictory territories.

It is a selection of unifying works with a video art education system, which aims to raise awareness and initiate to reading and artistic practice, by crossing the different ways of "making video To look at it and to state it. This is to promote the development of an artistic and cultural policy within the city of Casablanca, to create a common space for exchange around video art. The practice of videographers invited for this selection through their projects, testifies that the territory can be a neutral place, a "non-place", an in-between, with a specificity of being neither one nor the other neither this edge nor this edge. He walks between two edges, between two houses, between two domains that can never join. A person's space - no man's land - the "same" neutral of the boundary, that of any boundary, any surface, the active tracing of difference and opposition.

It will be in this international selection to create "thresholds", to develop interstices to explore conjunctions and disjunctions related to these issues of borders and territories, echoing the remarks of Paul Ardenne, Pascal Beausse and Laurent Goumarre in their common work Art as experience: "Artists are today smugglers. By recycling images, real or fictional, what they propose, they are no longer works, nor even objects of art, but processes, propositions of situation to experiment in common. "

Contemporary And Magazine C& / 26 avril 2018 : Silent Territory: 24th Edition Casablanca International Video Art Festival Morocco : https://www.contemporaryand.com/fr/exhibition/silent-territory-24th-edition-casablanca-international-video-art-festival-morocco/